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ESS Historique / 1975 / M.Ziegler: Einführung

Introduction


Le cadre dans lequel une société accepte de vivre trahit le mouvement de sa pensée et ses conceptions esthétiques. Si l'on pouvait, d'un observatoire planté dans l'avenir, jeter un regard en arrière sur notre époque, que révéleraient les traces que nous laissons? Pourrait-on parler d'une ère visuelle, d'une époque modelée par des humains particulièrement sensibles à toutes les impressions perçues par l'œil?

Il me semble que l'on n'attache actuellement que trop peu de prix à la capacité de compréhension visuelle, activité que je veux clairement distinguer de celle qui consiste à enregistrer de manière toute superficielle les éléments perçus. C'est une faculté à laquelle l'homme contemporain semble ne pas vouloir accorder une grande valeur, ni à l'école, ni au travail, ni même chez lui. On le dirait peu avide d'expressions ou de messages formulés sur un mode artistique.

Certes, il tolère l'artiste, comme décorateur ou pour son apport distrayant; mais il incline par trop à apparenter l'œuvre artistique à un objet de luxe.

Or, l'artiste, de par sa formation, son expérience, sa sensibilité, n'est-il pas précisément aussi un spécialiste en matière de perception visuelle? S'il l'est, pourquoi alors ne pas l'accepter comme tel et ne pas l'inviter à collaborer à la grande aven- ture du modelage de notre environnement?

Cinq ans ont passé depuis la dernière exposition de sculpture. Pour la sixième fois consécutive, Bienne offre aux sculpteurs la possibilité de faire le point. Le jury a retenu quelque 160 sculptures, objets et projets parmi les 800 que 250 artistes lui avaient soumis.

Nous avons donné la préférence aux œuvres de grandes dimensions, même massives, se prêtant particulièrement bien à l'exposition en plein air ou dans les endroits accessibles au public. Nous avons cru judicieux de disposer ces œuvres dans un cadre urbain, en étroit contact avec l'activité quotidienne des Biennois.
La vieille ville a, elle aussi, été intégrée à l'exposition, non pas en tant que cadre, mais bien plus comme objet participant; cette vieille ville, avec ses espaces bien proportionnés et la beauté plastique de ses édifices est, sans conteste, elle aussi, digne de contemplation.

Deux expériences ont lieu à la faveur de cette exposition. Elles ont pour but d'illustrer la participation de l'artiste à l'élaboration du monde qui nous entoure. Des artistes, des architectes et autres spécialistes ont élaboré de grands ensembles que les protagonistes ont appelé «Environnements». Ces deux essais sont en cours de réalisation. Il s'agit de deux projets de construction pour lesquels des crédits de décoration artistique avaient déjà été attribués; comme il est d'usage, les artistes ont dû présenter leurs ébauches à différentes commissions. La nature des problèmes posés (participation de l'artiste à toutes les phases de construction, ambition de créer une œuvre d'art dans le cadre d'un lieu public) ainsi que la confiance accordée par tous les intéressés envers les artistes ont suscité des solutions toutes nouvelles.

Une de ces réalisations - à l'Ecole normale - est presque terminée. Par contre, les éléments extérieurs de l'Ecole professionnelle ne sont exposés que sous forme de maquettes et de projets. Une documentation concernant d'autres projets ou réalisations de ce genre en Suisse complète cette partie de l'exposition.
Autre volet de l'exposition: les diverses manifestations qui l'encadrent, mises sur pied par des organisations existantes.
Autre volet de l'exposition: les diverses manifestations qui l'encadrent, mises sur pied par des organisations existantes.

Enfin, exposition dans l'exposition: pour rendre hommage à Marcel Joray, promoteur et directeur des cinq brillantes expositions précédentes, nous avons ras- semblé, en une petite rétrospective, quinze sculptures qui figuraient parmi les œuvres exposées à la première Exposition suisse de sculpture en plein air, en 1954, qui eut pour cadre l'école des Prés Ritter.

Maurice Ziegler